Plutôt connu pour ses accessoires comme les câbles, chargeurs ou encore adaptateur/hub ; UGreen propose également une gamme de NAS complète qui a clairement pour but de venir titiller les Synology et QNAP.
Ayant toujours apprécié leurs produits au rapport qualité/prix au top, j’ai décidé de tester le DXP2800, le NAS 2 baies « Pro » d’entrée de gamme de la marque. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est simple et (drôlement) efficace !
Une gamme complète de NAS
Une gamme complète de NAS
Chez UGreen, il y a actuellement deux grandes familles de NAS : les modèles DH et les modèles DXP.

La gamme DH représente les NAS les plus accessibles / grand publique. On est ici sur des appareils pensés avant tout pour un usage “classique” : sauvegarder ses fichiers, centraliser ses photos, créer un cloud personnel ou encore regarder ses films depuis plusieurs appareils dans la maison.
La gamme DXP vise plutôt les utilisateurs un peu plus avancés. UGreen les présente comme des NAS plus “Pro”, capables d’aller beaucoup plus loin : Docker, virtualisation, applications plus lourdes, transcodage vidéo, serveurs multimédias plus performants, etc. En pratique, cela signifie surtout qu’ils embarquent des processeurs plus puissants et des composants plus évolutifs.
La nomenclature est également assez facile à comprendre une fois qu’on a la clé.
Par exemple, dans le nom DXP2800 :
- DXP désigne la famille “performance / pro”
- le chiffre 2 indique le nombre de baies pour les disques durs
- le reste du nom sert surtout à positionner le modèle dans la gamme
Un DXP4800 sera donc un modèle 4 baies plus puissant, tandis qu’un DH2300 sera un NAS 2 baies plus orienté “grand public”.
Dit autrement : plus le chiffre monte, plus on monte généralement en performances, en possibilités et… en budget aussi 😄
Pourquoi j’ai choisi le DXP2800 ?
Le top des ventes des NAS UGreen sont le DXP2800 ainsi que le DXP4800 Plus. Le premier est un NAS 2 baies, tandis que l’autre est le « flagship » 4 baies.
Voici le comparatif entre les différents NAS avec un petit mot en dessous pour ceux qui sont moins techniques 🙂

Grosso modo, ce qu’il faut retenir :
- Le processeur du 4800 Plus est d’une gamme Intel supérieur, permettant de pousser encore plus les limites de votre NAS. Concrètement, vous avez un coeur supplémentaire, ajoutant 2 threads supplémentaires (5 cores, 6 threads contre 4 cores, 4 threads).
- Par défaut, la mémoire vive (RAM) fournie est identique sur les différents modèles (8GB, en DDR5).
- Le DXP2800 ne possède qu’un emplacement RAM : vous pouvez remplacer la barrette par défaut par une de 16GB maximum, tandis que le DXP4800 Plus (le DXP4800 est limité à 1 seul slot) possède lui 2 slots, qui peuvent chacun prendre des barrettes de 32GB pour monter jusqu’à 64GB. Les vitesses supportées semblent également plus importantes sur le 4800 Plus.
- Le stockage interne utilisé par le système UGOS et les applications diffère selon les modèles.
- Sur le DXP2800, UGREEN utilise une mémoire eMMC intégrée (soudée à la carte mère) de 32Go seulement, non remplaçable.
- Le DXP4800 Plus embarque un véritable SSD M.2 de 128 Go dédié au système.
- Résultat : le 4800 Plus profite d’un stockage système plus rapide, mais aussi évolutif et facilement remplaçable.
- Le port Ethernet du 2800 est limité à du 2,5GbE, alors que celui du 4800 est 2,5GbE… mais aussi 10GbE, soit beaucoup (mais genre beaucoup!) plus rapide si vous avez une installation réseau compatible.
- Un slot SD 3.0 est présent en plus sur le 4800 Plus. Assez pratique si vous êtes photographe par exemple pour une synchronisation rapide. Ce port est inexistant sur le 2800.
Le DXP2800 est généralement vendu dans les environs de 350EUR, tandis que le 4800 Plus vous demandera plutôt 650EUR. Evidemment, les disques ne sont pas compris dans le prix.
A la lecture de la fiche technique donc, le 4800 Plus semble être beaucoup plus intéressant. Et en réalité, il l’est… si vous avez besoin de ce gain en performance.
Mon besoin d’un NAS reste assez basique : j’ai besoin d’un appareil fiable pour sauvegarder mes deux Mac via Time Machine, avoir un backup local de mes photos/vidéos de l’iPhone, et au passage jouer avec des petites apps sympas comme OpenClaw.
Pour ce cas d’usage, le DXP2800 est bien plus que suffisant. J’aurais très bien pu prendre un modèle de la gamme DH qui aurait répondu à 95% de mes besoins : Time Machine, synchronisation des photos, stockage réseau, etc.
En revanche, je voulais également pouvoir expérimenter avec quelques applications auto-hébergées comme OpenClaw ou Docker. Et c’est justement là que la gamme DXP devient intéressante grâce à son processeur Intel x86, bien plus compatible avec ce type d’outils qu’une puce ARM plus “mobile”.
Je me suis donc dirigé vers le DXP2800. Son processeur Intel x86 offre davantage de possibilités pour Docker et les applications auto-hébergées, tandis que la RAM évolutive permettra probablement de lui donner une durée de vie plus confortable sur le long terme. La différence de prix de quelques dizaines d’euros (50EUR dans mes souvenirs) me réconfortait dans ce choix.
Gestion des disques et le cache

Pour le DXP2800, j’ai choisi de prendre deux disques Seagate IronWolf de 4 To, le tout configuré en RAID1. Au vu des prix actuels, ça pique un peu mais pas le choix malheureusement (merci l’IA!).

Notez que le DXP2800 supporte officiellement jusqu’à 32 To par disque dur. Avec les deux slots NVMe supplémentaires, UGREEN annonce jusqu’à 80 To de stockage total (2x 32TB + 2x8TB).
Vous pouvez utiliser les slots M2 pour ajouter un SSD qui servira de cache, ou de stockage pour vos instances Docker ; je vous déconseille de l’utiliser comme cache (le gain en performance est relativement faible).
Etant donné que ça reste un 2 baies, on oublie donc le RAID5 et RAID6, pour ne se contenter que du BOD, Basic, RAID 0 et RAID 1.
La configuration des disques est très simple, quasi un jeu d’enfant encore une fois grâce à un OS abouti. En parlant de l’OS…
Un OS franchement très bon !
Ma petite crainte avant de recevoir le NAS concernait surtout son système d’exploitation maison : UGOS Pro.
Soyons honnêtes : lorsqu’une nouvelle marque chinoise débarque sur le marché du NAS, on peut rapidement imaginer un OS mal traduit, peu intuitif, rarement mis à jour ou rempli de menus obscurs. Bref, la fameuse “chinoiserie logicielle” que l’on croise parfois sur certains produits tech très agressifs sur le prix.
Et au final… pas du tout.

UGOS Pro est même une très bonne surprise. L’interface est moderne, propre, fluide et surtout extrêmement simple à prendre en main. On retrouve immédiatement les codes des grands acteurs du secteur comme Synology ou QNAP : bureau accessible depuis le navigateur, centre d’applications, gestion claire du stockage, utilisateurs, permissions, sauvegardes, etc.
L’ensemble fait franchement très mature pour une plateforme encore relativement jeune. Plusieurs tests et retours utilisateurs soulignent d’ailleurs que l’expérience se rapproche davantage de Synology que de certains systèmes plus complexes orientés “power users”.

L’application mobile est également une bonne surprise. Je la trouve personnellement plus agréable et moderne que certaines applications concurrentes. Les applications iOS et Android permettent de gérer les fichiers, les photos, les sauvegardes et l’accès distant assez facilement au quotidien.
En terme de fonctionnalité, UGOS n’a clairement rien à envier à DSM de Synology, tout ce que l’on attend aujourd’hui d’un NAS moderne est déjà bien présent chez UGreen.
On retrouve notamment :
- la compatibilité SMB, FTP, SFTP, NFS, WebDAV et autres protocoles réseau ;
- le support natif de Time Machine pour les sauvegardes Mac ;
- l’accès distant via UGreen Link ;
- la gestion du RAID et du versioning ;
- la synchronisation de fichiers ;
- des applications Photos, Musique et Vidéo ;
- Docker sur les modèles compatibles ;
- la virtualisation sur la gamme DXP ;
- ainsi que des fonctions plus avancées comme la surveillance de l’état des disques, les snapshots Btrfs ou encore les sauvegardes cloud.
J’ai aussi particulièrement apprécié le fait que UGreen semble maintenir activement UGOS Pro avec des mises à jour régulières, ce qui est plutôt rassurant pour une plateforme encore récente.
S’il faut vraiment critiquer la partie software, le seul petit point pourrait être l’écosystème applicatif, encore un peu restreint par rapport à celui de Synology. Mais honnêtement, pour un usage domestique, créatif ou même semi-professionnel, il y a déjà largement de quoi faire.
Mettre toutes ses données cruciales sur un appareil chinois, bonne idée ?
Vous êtes un peu parano comme moi ? Compréhensible. L’endroit où l’on stocke ses photos, ses documents, ses sauvegardes, parfois même des fichiers professionnels ou sensibles se doit d’être fucking secure for real.
Et forcément, le fait qu’UGREEN soit une marque chinoise peut poser question. Un NAS est par nature un appareil qui reste allumé 24/7, connecté au réseau, et potentiellement accessible à distance. Un vrai petit trésor.
J’ai donc surveillé l’activité réseau du NAS pendant plusieurs semaines afin de voir s’il y avait des choses suspectes : transferts étranges, connexions permanentes vers des serveurs inconnus, volumes de données anormaux, etc.
De mon côté, je n’ai rien observé d’alarmant. Le NAS ping des IP et domaines chinois, mais principalement pour les mises à jour, les services UGREEN, l’accès distant ou certaines fonctions liées au compte. C’est attendu pour un NAS moderne.
J’ai tout de même consulter un peu le web en plus.
Sur Reddit, les retours sont assez partagés. Certains utilisateurs disent ne pas avoir remarqué d’activité réseau inhabituelle. D’autres ont vu le NAS contacter des services liés à Alibaba, Baidu, Tencent ou des serveurs UGREEN, avec l’hypothèse que cela concerne surtout les mises à jour, le DNS, la télémétrie ou UGREEN Link.
Le point important, selon moi, c’est surtout UGREEN Link. C’est le service qui permet d’accéder facilement au NAS à distance, sans configuration réseau compliquée.
Pratique… mais comme toujours avec ce type de service, ça implique de faire confiance à l’infrastructure du fabricant. C’est la même chose pour Synology ou encore QNAP ; sauf que cette fois, c’est la Chine plutôt que les Etats-Unis de la Amérique :-D.
Certains utilisateurs recommandent de désactiver UGREEN LINK et de passer plutôt par une solution que l’on maîtrise soi-même, comme un VPN, Tailscale, WireGuard ou Cloudflare Tunnel.
D’autres vont même jusqu’à remplacer UGOS par un autre OS. Je n’irai quand même pas jusque là ^^.
Sur son site, UGREEN publie bien une politique de confidentialité pour ses NAS. Elle indique utiliser du chiffrement, des contrôles d’accès, de la vérification d’identité et des mécanismes de protection des données. Elle mentionne aussi que des transferts internationaux de données peuvent exister, avec des garanties comme les clauses contractuelles standards pour les utilisateurs européens.
Ma conclusion est donc assez simple : je ne pense pas qu’il faille fuir UGREEN uniquement parce que la marque est chinoise. Beaucoup de produits réseau, smartphones, routeurs, caméras, laptops ou composants viennent de Chine ou utilisent des pièces chinoises. Le vrai sujet, c’est plutôt la confiance que l’on accorde à un OS propriétaire encore jeune.
Pour un usage domestique classique, avec les bons réglages, le risque me semble raisonnable. Mais si vous comptez stocker des données sensibles, médicales, juridiques, confidentielles ou liées à une entreprise, je serais plus strict : chiffrement, comptes séparés, 2FA, accès distant désactivé si inutile, pare-feu, VLAN séparé, et idéalement pas d’exposition directe sur Internet.
En pratique, voici ce que je recommande :
- désactiver UGREEN Link si vous n’en avez pas besoin ;
- éviter d’ouvrir des ports directement vers Internet ;
- utiliser plutôt un VPN ou Tailscale pour l’accès distant ;
- activer la double authentification ;
- limiter les comptes administrateurs ;
- garder UGOS Pro à jour ;
- chiffrer les dossiers sensibles si possible ;
- surveiller les connexions réseau via le routeur, Pi-hole, AdGuard Home ou un pare-feu ;
Bref : oui, on peut utiliser un NAS UGREEN sérieusement. Mais comme pour Synology, QNAP ou n’importe quel autre NAS, il ne faut pas le brancher au réseau comme une boîte noire sacrée et espérer que tout ira bien. Un NAS, ça se configure. Sinon, c’est juste un coffre-fort avec une fenêtre ouverte.
Mot de la fin
Un NAS rapide, simple, efficace et avec lequel vous pouvez aller plus loin de temps à autre ? Ne cherchez plus : le DXP2800 est clairement la petite pépite à avoir à la maison ou au bureau !
A environ une centaine d’euros de moins que le DS225+, tout en proposant un processeur plus puissant, quatre fois plus de RAM par défaut et une capacité de stockage gérée plus importante, il n’y a aucun, c’est clairement le choix malin pour celui qui veut un NAS privé+pro pas trop cher.
Si vous avez des questions, des remarques concernant ce premier article de blog: n’hésitez pas à utiliser les commentaires!